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Protéger le patrimoine génétique africain et garantir les intérêts stratégiques des communautés locales par des actions de plaidoyer.
A l’origine de l’initiative du plaidoyer
Conscient du danger qui menace le patrimoine génétique africain si rien n’est fait dans l’immédiat, Inades-Formation a pris l’initiative d’engager un plaidoyer pour la préservation de ce patrimoine.
Ainsi, en Janvier 2004 à Grand –Bassam (Côte d’Ivoire), Inades –Formation, en collaboration avec Acord Sahel, Grain et d’autres organisations de la société civile de l’espace UEMOA, ont procédé à la mise en place d’une coalition pour la protection du patrimoine génétique africain. L’idée de lancer cette coalition a été imprimée et rendue nécessaire par les tendances du contexte du moment, marqué par la privatisation et les manipulations génétiques du vivant. Aussi, la campagne lancée par ces organisations vise-t-elle à amener les décideurs africains à élaborer de manière participative, à voter et à faire appliquer des lois protégeant le patrimoine génétique africain, les connaissances associées et garantissant les intérêts stratégiques des communautés locales selon la loi modèle de l’Union Africaine (UA).
Cette loi, devrait servir de modèle à tous les pays africains pour l’élaboration de leur législation nationale relative à l’accès aux ressources biologiques et aux droits des communautés locales. Malheureusement, ce n’est pas le cas et pire encore peu d’africains et particulièrement le monde rurale en connaissent l’existence.
A terme, ce plaidoyer doit couvrir toute l’Afrique mais, dans la phase pilote de 2 à 5 ans, Inades-formation se propose de travailler dans les huit (8) pays de l’UEMOA.
Les actions réalisées et en cours de réalisation
L’élaboration d’un programme d’action
Après le lancement réussi du mouvement, un programme cohérent de travail a été élaboré, faisant ressortir l’identité, la vision, les objectifs et la stratégie d’intervention de la coalition, appelé Coalition pour la protection du patrimoine génétique africain (COPAGEN). De même le dispositif organisationnel du mouvement pour une meilleure coordination et conduite des actions de la campagne a été approfondi. Du programme, un projet de financement a été produit pour soutenir les actions de la campagne et soumis à plusieurs partenaires financiers. Au mois de Juin 2004, le document d’orientation stratégique fut soumis au groupe de coordination régionale, organe de la coalition chargé d’orienter les actions du mouvement ; Ce groupe composé de cinq membres à savoir, RADI, ACORD, TINIGUENA, GRAIN, et IF valida l’ensemble des propositions contenues dans le document de travail, fit le point des activités réalisées depuis le lancement de la campagne et proposa des actions pour lancer le mouvement, dans les pays où il n’était pas encore effectif. Enfin, il échangea amplement sur une position commune de la coalition, face aux problématiques des OGM et des droits des Agriculteurs.
La participation des membres de la Coalition à des séminaires et ateliers
Outre ces actions en matière d’organisation et d’orientations de l’action du mouvement, la coalition prit part à de nombreux ateliers /séminaires nationaux et internationaux sur des thèmes en relation avec l’objet de la campagne, de même qu’elle initia des échanges avec de nombreux partenaires sur la problématique du plaidoyer ; Ces différents espaces d’échanges contribuèrent à porter loin l’audience du mouvement, à renforcer et approfondir les connaissances des membres de la coalition sur le sujet du plaidoyer de même qu’ils constituèrent des opportunités pour tisser des relations de partenariat, à même de construire des alliances fortes autour de la campagne. C’est le cas notamment de l’atelier du PNUE sur le Développement de cadres nationaux de bio sécurité tenu à Ouagadougou et ayant réuni plus de 25 pays de l’Afrique francophone. On peut citer, aussi, l’organisation de campagnes médiatiques et d’ateliers d’information et de sensibilisation des organisations de la société civile et des députés au Burkina et au Mali sur la problématique des OGM et des droits des communautés, l’implication active en Côte d’Ivoire dans le processus engagé par le pays pour se doter d’un cadre national de bio sécurité, la rédaction de lettres ouvertes aux Ministres d’agriculture d’Afrique de l’Ouest et au Directeur Général de la FAO et la production du prospectus de présentation de la Coalition (ci-dessous la lettre adressée à la FAO et le prospectus de la Copagen).
La Coalition régionale a eu plusieurs rencontres pour traiter diverses questions tels que la mise en œuvre d’un projet de formation de masse sur la problématique des OGM et des droits des communautés au double plan de son exécution technique et financière, la définition d’un acronyme significatif pour la coalition. Il y a eu aussi la participation de certains membres de la Coalition régionale aux rencontres : au forum sur la souveraineté alimentaire, au Mali, en février 2007, au forum social Mondial de Nairobi, en janvier 2007, et à la rencontre d’experts de l’Union africaine pour l’élaboration d’une stratégie africaine en matière de biosécurité.
Le mouvement a été actif sur le terrain et cela peut s’apprécier, par exemple, à travers les actions suivantes :
Le renforcement des capacités des organisations paysannes sur la problématique des OGM et des droits des communautés locales
Le forum régional, dans le dispositif d’animation de la coalition, est l’instance suprême qui réunit chaque année, les représentants des différentes coalitions nationales au niveau régional, pour faire le bilan des activités et réorienter si nécessaire les actions de la campagne. Le deuxième a réunit au total dix huit participants provenant des coalitions nationales du Burkina, du Bénin, de la Côte d’Ivoire, de la Guinée, de la Guinée Bissau, du Mali, du Niger, du Sénégal et du Togo auxquels se sont joints deux observateurs venant de la France et du Canada. La tenue de cette deuxième rencontre a été précédée du test d’un kit de formation sur les OGM et les droits des communautés que la coalition venait d’élaborer.
Le forum a constitué également un espace pour échanger sur la mise en œuvre d’un projet ‘’de renforcement des capacités des organisations paysannes sur la problématique des OGM et des droits des communautés locales’’ qui couvre les huit pays de l’UEMOA et la Guinée Conakry. Ce fut également l’occasion pour les coalitions nationales et la coordination régionale, d’élaborer des plans opérationnels pour 2007 et donné une conférence de presse pour affirmer leur détermination à exiger la prise en compte des intérêts des communautés locales et d’agir tant que les Etats de la sous région, soutenus par les multinationales propriétaires des OGM, tenteront de les imposer à l’agriculture africaine et de contrevenir aux droits des communautés locales.
La formation de formateurs et de communicateurs des différentes coalitions nationales sur les OGM et les droits des communautés locales
Depuis Mars 2006, la coalition a entrepris dans les huit pays de l’UEMOA et en Guinée une série de formations de masse sur la problématique des OGM et des droits de propriété intellectuel, afin d’outiller les membres des différentes coalitions nationales à initier, par après au profit des populations, des actions de formations et de sensibilisation. La formation a touché des cadres formateurs des différentes coalitions nationales, mais également dans certains cas comme, le Sénégal et le Bénin, elle a touché des communicateurs. Au total 174 cadres formateurs, ont été formés sur la problématique des OGM et des droits des communautés et plus du tiers de ces personnes seraient capables de répliquer le contenu de la formation diffusée.
Les perspectives à moyen et long termes
La Coalition entend poursuivre ses actions de plaidoyer en vue de consolider les acquis de celles déjà réalisées. Il s’agit entre autres, de la réalisation du projet de l’étude des lois nationales en matière de biosécurité dans la sous région, de la réflexion pour la formation de niveau universitaire sur les droits des communautés et les OGM.