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Quels défis pour l'agriculture familiale et comment les relever ?


L’agriculture familiale en Afrique est confrontée à des défis majeurs qui entravent la réalisation de son plein potentiel. Ceux-ci comprennent :


-* Les familles agricoles ne gagnent pas un revenu suffisant pour mener une vie digne, notamment en raison de prix bas pour les produits de la ferme, surtout les prix bords champs. Cela rend l’agriculture de moins en moins attrayante et conduit à l’exode rural. L’exode rural, qui consiste principalement à la migration des jeunes vers les grandes villes, implique que la succession des générations dans l’agriculture familiale est de plus en plus compromise.

  • Il y a un grand déficit en investissements dans la recherche et l’innovation au service des exploitations familiales agricoles. En outre, le peu de budget d’investissement qui y est, va surtout dans le développement du secteur des cultures d’exportation.
  • Les familles agricoles sont sous la concurrence de l’agriculture industrielle en particulier en ce qui concerne l’accès à la terre et le contrôle des semences. En effet, elles sont défavorisées par les cadres réglementaires encouragés à l’échelle internationale mais, qui pourtant menacent le fondement même de l’agriculture familiale (réglementation sur le foncier, lois sur les semences).
  • Il n’y a pratiquement pas de filets de sécurité pour prendre soin des risques de la production agricole, l’assurance agricole par exemple.
  • Le désintéressement des jeunes et les dynamiques inégalitaires contre les femmes ;


En plus de ce qui précède, d’autres défis comprennent les questions autour de l’accès au financement agricole et aux services de vulgarisation, le manque d’infrastructures (transport, communication, stockage et conditionnement), la gestion des pertes après récolte, l’accès à l’information et aux technologies agricoles compatibles avec la durabilité.


L’agriculture familiale en Afrique a un grand potentiel pour concilier les trois piliers de la durabilité (économique, social et environnemental). Pour exploiter efficacement ce potentiel, les mesures suivantes sont proposées :
-* Accroître les investissements dans la recherche agricole afin d’améliorer « le développement de l’innovation participative locale » et améliorer les taux d’adoption des résultats de la recherche classique par un « développement participatif de technologies "

  • Établir des liens de travail entre les services publics de vulgarisation et les unités de formation au sein des organisations paysannes ; cela permettra de faire de plus en plus usage de personnes-ressources - agriculteurs pour la fourniture des services de vulgarisation dans leurs emplacements géographiques, en utilisant leurs exploitations comme des « écoles de terrain ».
  • Faciliter l’accès aux intrants pour l’agriculture écologique (engrais organiques, pesticides naturels, etc.) en stimulant les investissements dans le secteur ;
  • Soutenir la spécialisation des familles agricoles dans la production et la distribution des semences en soutenant la mise en place des organisations paysannes spécialisées dans la production de semences , en les reliant avec les institutions de recherche et de développement de semences ;
  • Encourager les programmes agricoles de l’école primaire à l’Université en vue de développer une pépinière des conseillers convaincus des potentialités de l’agriculture familiale et aussi pour développer la prise de conscience sur les systèmes alimentaires basé sur l’agriculture familiale ;
  • Encourager le développement de programmes d’études des collèges agricoles orientés vers la promotion d’entrepreneurs agricoles, et non pas "employés de bureau", comme c’est actuellement le cas ;
  • Promouvoir le développement d’entreprises collectives agricoles de petits agriculteurs pour les prestations de services liés à la production, à la commercialisation et à la transformation ;
  • Développer et appliquer le concept de « commerce équitable » dans les marchés locaux plutôt que de le limiter comme une « marque de commerce » pour les exportations vers l’Europe et l’Amérique comme un "marché de niche" ;
  • Promouvoir la production et la consommation de "produits alimentaires de souveraineté", aliments locaux avec des valeurs nutritives élevées, mais qui perdent leur importance dans le "panier de la ménagère » des ménages et dans les choix politiques.


C’est ainsi que la société civile organisée sous la coordination du Comité Consultatif Mondial (dont Inades Formation et PAFFO font partie pour le compte du continent africain) voit la célébration de l’AIAF comme une opportunité de plaidoyer pour des mesures politiques qui reconnaissent l’importance de l’agriculture familiale dans le développement durable. C’est le moment donc de promouvoir, dans tous les pays, de véritables politiques actives en faveur du développement durable des systèmes agricoles basés sur la cellule familiale, fournir des lignes directrices pour leur mise en œuvre, renforcer le rôle des organisations agricoles, paysannes et de pêche artisanale, et sensibiliser la société civile et les gouvernants sur l’importance de soutenir l’Agriculture Familiale.


Présenté par Inades-Formation à l’atelier sur l’agriculture Familiale organisé par le Centre Suisse de Recherches Scientifiques en Côte d’Ivoire (CSRS), le jeudi 24 Avril 2014


  
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