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Côte d’Ivoire : plaidoyer pour l'atteinte des 10% du budget promis au financement de l’Agriculture

En 2003, les Etats Africains réunis à Maputo se sont engagés à allouer, chaque année, au moins 10% de leur budget national au secteur de l’agriculture, dans un délai de cinq ans en vue de combattre la faim et la pauvreté en Afrique. Plus de 10 ans après, cette promesse est encore loin d’être tenue par les Etats ayant paraphé la déclaration de Maputo. Qu’en est-il pour la Côte d’Ivoire où le secteur agricole joue un rôle important dans l’économie en constituant 25% du PIB et 40% des recettes d’exportation ? C’est pour répondre à cette question qu'une étude sur le financement public de l’agriculture en Côte d’Ivoire au cours des sept dernières années, a été menée par Inades-Formation.

En appui à la plate-forme pour l’Agriculture familiale en Côte d’Ivoire (PANAFCI) et aux différentes initiatives dans le pays, Inades-Formation a mené une étude sur le financement public de l’agriculture en Côte d’Ivoire. Cette étude menée en prélude au suivi des objectifs de la déclaration de l’Année Internationale de l’Agriculture Familiale (AIAF) 2014 avait pour objectif de contribuer à l’adoption des mesures politiques en faveur d’une agriculture familiale durable à travers le financement public des exploitations agricoles familiales en Côte d’Ivoire.

L’étude a fait un état des lieux du financement de l’agriculture en Côte d’Ivoire ; une analyse sur l’évolution des allocations et des dépenses budgétaires du secteur agricole de 2008 à 2014 et établit le niveau d’adéquation avec les engagements pris par le Gouvernement en 2003 concernant la déclaration de Maputo, en se basant sur les informations de la loi des finances de 2007 à 2014.

Les résultats de l’étude ont fait l’objet d’une conférence-débat entre les acteurs du monde agricole le 23 décembre de 08H30 à 12H00, au siège d’Inades-Formation. Ont pris part à cette conférence les représentants de l’Assemblée nationale, du ministère du budget, de la FAO, de l’OCPV [4], du secteur privé, les membres de la Plateforme d’action nationale pour l’Agriculture Familiale en Côte d’Ivoire (PANAFCI) et la presse nationale.

Les principaux résultats et conclusions de l’étude

Depuis les années 80, les dépenses consacrées au secteur agricole connaissent une baisse sensible qui est la conséquence de la politique de privatisation, de libéralisation de l’économie, la crise socio-politique et d’une faible priorité à l’agriculture [1].

Alors même que la population agricole en Côte d’Ivoire s’est accrue passant de 9 837 713 dont 1 199 323 de ménages agricoles à 12 099 146 dont 1 475 016 de ménages agricole en 2014 [2], les résultats de l’étude montrent que la Côte d’Ivoire est loin des 10% du budget promis au financement de l’agriculture, bien qu’en chiffres absolues, une augmentation est observée depuis 2012.

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Evolution du financement par exploitation familiale de 2007 a 2013



En effet, l’agriculture reçoit moins de 4% du budget national depuis 2007. Conf graphiques ci dessous


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Evolution des depenses totales Agriculture



Malgré l’engagement manifeste du Gouvernement Ivoirien que l’on observe à travers l’adoption des documents de stratégies dans le secteur tant au niveau national qu’au niveau international, les dotations budgétaires allouées à l’agriculture restent faible par rapport aux engagements pris à MAPUTO.

Par ailleurs l’étude relève aussi que :

  • De 2007 à 2012, les dépenses ordinaires (fonctionnement) étaient supérieures aux dépenses d’investissements. Toutefois de 2013 à 2014, les dépenses d’investissement ont pris le dessus.
  • Ce sont les emprunts et les dons qui relèvent significativement le taux du financement de l’agriculture.
  • L’agriculture familiale n’est pas véritablement prise en compte dans les postes de dépenses.


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Evolution des differentes depenses de l_Agriculture de 2007 a 2014 en milliard FCFA



Suite à ces constats, les différents acteurs sont invités à renforcer leurs efforts.

Le Gouvernement

Que le Gouvernement, prenne des mesures pour :

  • Allouer au moins 10 % de ses ressources propres à l’agriculture qui contribue aujourd’hui à 40% au PIB ; ceci serait aussi le respect des engagements de la déclaration de MAPUTU tel que ratifié par le Gouvernement Ivoirien.
  • Veiller à ce que les dépenses d’investissements de l’agriculture constituent plus de 65% du financement total de l’agriculture pour mieux soutenir les fonctions de production, de conservation, de transformation et commercialisation des produits agricoles
  • Poursuivre la mobilisation du financement du PNIA au profit des exploitations familiales agricoles
  • La qualité des dépenses en accordant une place non moins négligeable aux cultures vivrières, à l’élevage, à la pêche qu’aux cultures d’exportation (cultures de rente) pour accroître durablement les capacités locales de production alimentaire
  • Présenter des projets spécifiques pour le développement de l’agriculture familiale en prenant en compte les plus vulnérables, en l’occurrence les femmes et les jeunes

Le parlement ivoirien  :

Que le parlement

  • Veille à ce que le financement de l’agriculture familiale soit pris en compte dans les lois des finances, à travers des lignes budgétaires explicites

A l’endroit de la société civile et des organisations des producteurs agricoles, il est recommandé qu’elles :

  • Encourage la mise en place d’une plateforme de concertation qui aurait pour mission, le suivi annuel des engagements de Maputo et des ressources allouées aux financements de l’agriculture familiale d’une part et de la qualité des investissements d’autre part.

  
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