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Inades Formation Congo et la Culture de l'Intérêt Général

Dans le cadre de la mise en place ou de l’émergence du mouvement paysan, il y a lieu de souligner le rôle que joue les Organisation Non Gouvernement de Développement ou ONGD. C’est ainsi que nous voulons dans cet article rappeler comment les ONGD influencent la culture de l’intérêt général. Cet article tire son origine de l’exposé que nous avons présenté à la journée de réflexion sur le sens de l’intérêt général à Malueka organisé par l’ONGD GAAD le 15 novembre 2008. Ce texte a été publié dans notre revue Congo Agri n°69 qui a eu pour thème principal "le mouvement paysan".

Rappel de quelques définitions

(a) La culture Le mot « culture » vient du latin « cultura » qui signifie le soin apporté aux champs ou au bétail. Au XVIe siècle, la culture renvoie plus à une action, à savoir celui de cultiver la terre. Au fil des siècles, le terme prend un sens plus figuré, il devient une faculté de l’esprit, le fait de travailler à la développer. Deux tendances possibles mieux deux dimensions se dégagent de cette définition :

  • Individuelle : La culture comme un ensemble des savoirs, des connaissances,…. D’où l’expression assez courante : homme cultivé ou encore La culture, c’est ce qui reste quand on a tout oublié.
  • Sociale : elle est une construction sociale. Elle est un mode de penser, d’agir, de sentir, de croire et de voir le monde qui doit être conçu intellectuellement. Elle est l’ensemble des mentalités et des mœurs d’un groupe donné, à quoi peut s’ajouter son organisation matérielle et technologique.( voir J.L. Harouel, Cultures et contre cultures, Paris, Puf, 1994, page 13) Chaque peuple est engagé par une détermination de durer et de réaliser son développement ou destin humain. A cet effet, il met en place un ensemble de moyens, de techniques, des codes de comportements individuels et collectifs, de règles de vie, des croyances. Aussi, la force d’une culture se trouve dans sa capacité à mettre ensemble des énergies, à orienter des intérêts et à régenter des manières d’être et de comporter afin de produire des changements durables.

(b) L’intérêt général

Il peut être définit comme ce qui est à l’avantage de tout le monde.

La culture de l’intérêt général est une habitude ou un comportement qu’une communauté doit avoir ou développer pour l’acquisition et la gestion d’un bien communautaire. Il s’identifie parfois comme « la volonté générale », expression empruntée à Rousseau. De manière claire, quel que soit le chemin que l’intérêt général veut se définir, son expression reste claire et sans ambigüité. L’intérêt général c’est : la liberté, la justice, le droit à une vie décente, droit à l’alimentation, à la scolarisation, …..

Dans bien de cas, l’intérêt général est la résultante de la culture.

Pour parvenir à une culture de l’intérêt général, il appartient à la communauté par l’Etat/gouvernant d’organiser la société dans ces sens. A cet effet, les conditions suivantes doivent être réunies :

  • Former et éduquer la population. Pour Aristote « seul l’homme éduqué est véritablement utile à la sécurité, à la continuité et à l’harmonie de la cité ».
  • L’existence de la démocratie, le respect des droits des citoyens, la bonne gouvernance, …

Du Rôle des ONGD ou de l’échec de l’Etat à l’émergence des acteurs non gouvernementaux L’origine des ONG remonte loin dans le passé. Elle trouve sa justification dans l’échec de l’Etat. Aujourd’hui, l’Etat providence n’existe plus, tout est tombé en ruine, la population est vouée à son propre sort. Elle doit se débrouiller pour survivre. Sur le plan des valeurs, c’est la grande perdition, le pays, la RDC n’a plus de repères, des modèles, les valeurs ne sont plus promues (nos publicités, l’impunité,…

C’est alors qu’apparaît les Organisations non gouvernementale. Le code de bonne conduite des ONG, CNONGD définit une ONGD comme : « une association sans but lucratif des personnes physiques ou morales qui visent l’amélioration durable, participative et consciente des conditions de vie des populations démunies dont la création ne résulte pas de la décision d’un institution étatique ».

  • La finalité d’une ONGD est la promotion de la personne dans toutes les dimensions (économique, sociale, politique et culturelle) sans discrimination de sexe, de races, d’idéologie.
  • La finalité d’une ONGD est la promotion du bien être social de la communauté de base.
  • La finalité d’une ONGD est de créer des actions pour contribuer au développement de la communauté c’est-à-dire aidé les communautés à trouver des solutions à leurs problèmes.
  • La finalité d’une ONGD est l’amélioration durable de conditions de vie de la population de base.

De manière non équivoque, il apparaît que les ONGD sont des structures qui contribuent à l’édification de la culture de l’intérêt communautaire :

  • Là où l’Etat remplit correctement sa mission, elles construisent leurs actions sur le programme des gouvernements et contribue ainsi à la réalisation de la vision de la communauté
  • Là où l’Etat ne fonctionne pas assez corr ectement, elle a une double mission à savoir : -# Accompagner la population dans larecherche des solutions durables à leurs problèmes. Conduire la population à réfléchir pas soin même et apporter par elle même ses meilleures réponses aux questions pertinentes qu’elle se pose. Cette recherche passe par un exercice de la constructive collective de la société : que voulons nous ? Comment l’obtenir ? Avec quels moyens et avec quelles stratégies,… -# Se mobiliser pour exiger que l’Etat prenn-# e ses responsabilités

Les Types des ONG

  1. Les ONG de financement : ce sont celles qui collectent des fonds et obtiennent parfois des subventions de leurs gouvernements. Elles peuvent être confessionnelles ou non confessionnelles. Ex : Union Européenne, Pnud, Oxfam, …
  • Les ONG d’intervention ou d’appui : celles-ci opèrent sur le terrain et sont en générale spécialisé dans un ou plusieurs domaines d’intervention. Elles ont un peut des moyens financiers propre et se tourne vers les ONG de financements pour obtenir des subventions qui financent leurs activités. Ex : l’Indes Formation Congo, Gaad, …

Les associations à la base : Espace de la production de la culture de l’intérêt général : cas des CLD, cas de DJDL (GAAD),… Ces associations sont les fruits de notre travail et les résultats sont assez satisfaisants. Le tableau ci-dessus explique comment la culture de l’intérêt général se construit autour d’une action de développement. Nous prenons dans le cadre de cet article, le processus de mise en place d’une association de base, cas du comité Local de développement.

Etapes Impact sur le sens de l’intérêt général
Sensibilisation Construire le sentiment d’appartenir à une même communauté et de partager le même sort
Elaboration des textes de base (statuts, règlement d’ordre intérieur,…) Apprendre à vivre selon les règles que nous nous sommes fixées et pouvoir le respecter. C’est l’exercice du sentiment citoyen.
Election des membres du comité de gestion Se choisir ses propres dirigeants et accepter l’alternance. C’est la construction des valeurs démocratiques
Elaboration du plan de développement local Identifier nos priorités et construire ensemble notre action. Par cet acte, nous réalisons notre projet de société. Il y a des actions communautaires ont été initiées et menées : le plaidoyer auprès de la SNEL et de la Regideso, les actions d’assainissement et de lutte contre les érosions, la colère collective contre les violences sexuelles et la criminalité dans le quartier, la présente réflexion,…

Cet état d’espoir ne doit pas occulter les difficultés que nous éprouvons sur terrain : attentisme dû à une grande pauvreté, l’analphabétisme,…

La conclusion

En terme de conclusion, nous dirons que :  En tant que construit social, l’intérêt général est un processus qui nécessite l’implication de tous les acteurs  Les ONGD contribuent de manière significative à l’édification de l’intérêt général mais les actions menées ne peuvent réellement conduire à un développement durable en l’absence d’un Etat organisé, qui respecte les droits des citoyens, promeut la démocratie et qui garantit l’accès aux services sociaux de base,  Le chemin est long, parsemé de beaucoup d’embûches mais l’espoir est permis. Les résultats simples mais significatifs des actions menées par la population de Lukunga et de Maman Yemo nous permettent d’espérer.

Sylvain Ntumba M. Directeur National - IFCO


  
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